Une autre Eglise est possible !

Face aux crimes et aux scandales à répétition, et suite à la démission du cardinal Barbarin, archevêque de Lyon, l’Eglise catholique doit engager les réformes nécessaires pour retrouver sa crédibilité. Et faire en sorte que cela ne se reproduise plus. Le moment n’est-il pas venu de lancer une grand débat ? Nous sommes tous concernés.

Suite à la condamnation et à la démission du cardinal Barbarin, archevêque de Lyon, et suite à toutes les affaires et tous les crimes qui, depuis des années, ruinent la crédibilité de l’Eglise, blessent les croyants et sapent le moral des catholiques, il ne sert à rien de se lamenter. Il faut agir ! Ces scandales à répétition (et les nombreuses personnes qui en sont victimes) nous rappellent qu’il est urgent de réformer l’institution et son fonctionnement. En effet, ce ne sont pas d’abord des hommes qui sont en cause, qu’ils soient laïcs, religieux, prêtres ou cardinaux. Il serait trop facile de se contenter de désigner quelques « brebis galeuses ». Ce qui est en cause, c’est un système. Un système clérical – régulièrement dénoncé par le pape François – qui repose sur un pouvoir exclusivement masculin, l’omerta, la peur du scandale, les protections entres clercs ainsi qu’une culture de l’hypocrisie et de l’impunité.

J’en sais quelque chose, pour avoir été le premier journaliste, en 2001, à dénoncer dans les colonnes de La Vie, les abus de faiblesse et autres dérives sectaires dans plusieurs communautés religieuses, notamment chez les Frères de Saint Jean ou chez les Petites Sœurs de Bethléem. Cette enquête intitulée « Des gourous dans les couvents » avait secoué l’institution. Elle avait notamment permis la création par les évêques de la première commission d’écoute des victimes. Cela n’était jamais arrivé. Ce fut un premier pas, bien timide, mais un premier pas quand même.

Pourtant, vingt ans après, peu de choses ont changé. Les abus sont toujours aussi nombreux : abus de pouvoir, abus d’autorité, abus de faiblesse, abus sexuel. Il est temps d’agir ! L’histoire de l’Eglise, comme l’histoire de toutes les sociétés humaines, nous montre qu’une institution ne change vraiment que sous la contrainte. C’est donc le moment. J’attends de notre Église une demande de pardon publique, forte et réitérée, envers les victimes directes ou indirectes, tous les petits qu’elle a fait chuter. Et pour que cela ne se reproduise plus, je crois qu’il faut que nous collaborions, prêtres, religieux et laïcs, ensemble, pour faire avancer la grande barque de l’Eglise dans le bon sens. Voici une première liste de propositions concrètes. N’hésitez pas à l’allonger, à l’amender, à la compléter. L’heure est au Grand débat !

1. Que les cardinaux et les évêques du monde entier fassent un jeûne de la parole publique normative. Arrêtons de prodiguer des leçons de morale à la terre entière. Et que ce discours, s’il doit avoir lieu, reste modeste. L’humilité et la bienveillance sont de belles vertus. Plutôt que de regarder la paille dans l’œil de notre voisin, n’oubliant pas la poutre qui est dans la nôtre. Pendant le Carême, nous aurions pu organiser une journée de repentance, une demande de pardon à toutes les victimes, qu’il s’agisse des enfants abusés par des pédophiles ou des religieuses réduites par des prêtres à l’esclavage sexuel.

2. Que dans les discours des prêtres et des évêques, le souffle de l’Evangile reprenne la première place et qu’on arrête de placer la morale familiale et sexuelle comme une priorité. La priorité, c’est le Christ et le chemin qu’il nous ouvre, pas les affaires de zizi. Dans l’Evangile, Jésus parle de relation, de fidélité, d’amour, jamais de sexe. Cette obsession de l’Eglise sur les mœurs, comme tous les discours d’idéalisation et de sublimation (notamment sur la sexualité), sont au cœur du problème. Blaise Pascal avait raison : « Qui veut faire l’ange fait la bête ». Il faudrait, par exemple, accepter une fois pour toute, qu’une partie (une grande partie) du clergé est de tendance homosexuelle. Ce n’est pas un problème en soi. Hétéro ou homo, ce qui compte c’est d’être en vérité et de respecter les engagements pris. Le problème, c’est l’hypocrisie et le double-langage qui en découlent. Le mensonge enferme, la vérité rend libre.

3. Que le célibat des prêtres soit un choix personnel et ne soit plus quelque chose d’automatique et d’imposé. Ce qui ouvrirait la possibilité d’ordonner des hommes mariés, comme aux premiers temps de l’Eglise. Nous devrions renouer avec cette tradition oubliée, encore présente dans les Eglise catholiques d’Orient. Cela apporterait beaucoup d’air frais à notre Eglise. C’est aussi l’opinion de Pascal Wintzer, archevêque de Poitiers, qui, dans un entretien diffusé le le 8 mars 2019 sur RCF demandait que des hommes mariés puissent être ordonnés prêtres et que des femmes puissent assurer la prédication.

4. Que les séminaires ne soient plus des pensionnats fermés pour jeunes adultes, retirés du monde, mais soient des lieux de passage, des lieux ouverts : ouverts sur la vie, sur la culture, sur la société, sur l’université. Que les futurs prêtres ne soient pas considérés comme des moines, coupés du monde. Que les enseignements ne soient pas que bibliques ou théologiques, mais accordent une large place aux sciences humaines et à la compréhension du monde dans lequel nous vivons et dont nous sommes partie prenante. Que, partout, les séminaristes puissent bénéficier d’une formation universitaire ouverte aux laïcs, femmes et hommes.

5. Que les curés de paroisse ne concentrent pas tous les pouvoirs, comme cela se produit parfois, et que leur action soit régulée par une équipe de laïcs dûment mandatée par les paroissiens. Dans les synagogues comme dans les temples ou dans les mosquées, les rabbins, les pasteurs et les imams doivent sans cesse faire leurs preuves et sont révocables en cas de manquement ou d’incompétence. Cette procédure éviterait à certains curés de se comporter comme des petits roitelets en leur royaume, sans avoir de compte à rendre à personne. Comme l’affirme Pascal Wintzer, archevêque de Poitiers, « le prêtre n’est pas une personne sacrée », il est un pasteur, au service de la communion, dont le rôle est aussi d’encourager la prise de responsabilité des laïcs. Il faut aussi que ces derniers jouent le jeu et ne se comportent pas comme des bénis-oui-oui ou de simples consommateurs.

6. Que le pouvoir dans l’Eglise ne soit pas réservé aux religieux ou au ministres ordonnés, mais qu’il soit partagé avec des laïcs, élus, volontaires ou mandatés. Que l’on retrouve les chemins de la collégialité et de la co-responsabilité de tous les baptisés, pour que l’Eglise soit vraiment l’affaire de tous. Et qu’on en finisse une fois pour toutes avec les « douanes pastorales » dénoncées à juste titre par le pape François.

7. Que les prêtres, les évêques et les laïcs en responsabilité puissent se former aux méthodes de management, comme cela se pratique déjà dans certains diocèses. Apprendre auprès de professionnels à mener une équipe, à gérer les conflits, à pratiquer un management marqué par l’écoute, le respect et la bienveillance. On peut être un saint prêtre et être incapable de manager une communauté. Gérer les ressources humaines et prendre des décisions éclairées, cela s’apprend. On pourrait imaginer des séances de coaching.

8. Que les laïcs, sans tomber dans le piège de la tentation cléricale, se prennent en main et cessent de se comporter comme des enfants ou comme des consommateurs, assistés. Qu’ils acceptent de se former et de donner de leur temps, de leurs compétences et de leurs énergies. Beaucoup le font, mais ils restent minoritaires. Qu’ils cessent aussi de se taire ou de se laisser marcher sur les pieds. Un prêtre ou un évêque qui abuse de son autorité n’a que le pouvoir qu’on veut bien lui donner. Qu’on arrête d’ailleurs d’appeler nos évêques « Monseigneur ». Nous n’avons qu’un seul Seigneur et maître, c’est le Christ.

9. Que les laïcs cessent de sacraliser ou d’idéaliser les prêtres ou les religieux, comme ils le font parfois. Au risque d’en faire des gourous (et je sais de quoi je parle). La vocation sacerdotale ou religieuse n’est pas supérieure à la vocation baptismale. Elle n’en est qu’une expression parmi d’autres. Encore une fois, les prêtres et les évêques ne sont pas des personnes sacrées.

10. Que les femmes puissent accéder au diaconat permanent et qu’elles soient en tout point considérées comme égales aux hommes. Qu’elles puissent, dès maintenant, assurer des homélies. Les diacres, les prêtres et les évêques ne peuvent prétendre au monopole de la prédication. Nous avons besoin d’une lecture laïque, mais aussi d’une lecture féminine de la Parole de Dieu. Nous avons besoin d’une Eglise qui soit signe d’unité et de communion entre femmes et hommes. Que la question de la prêtrise au féminin ne soit plus un sujet tabou et qu’on se saisisse enfin de ce débat. Ordonnées ou non, que les femmes puissent, dès maintenant, participer aux décisions pastorales et qu’elles aient la pleine responsabilité des services ou des ministères institués qu’elles exercent, sans avoir besoin d’en référer à un homme. Que la parité femme/homme devienne la règle dans toutes les instances ecclésiales : conseils pastoraux, équipes d’animation paroissiale, conseils épiscopaux…

11. Que tous les catholiques (pape, évêques, prêtres, diacres, religieux et religieuses, laïcs) fassent passer l’Evangile avant tous les discours normatifs qui ne sont que secondaires. L’Evangile n’est pas un code de bonne conduite, mais le récit d’une vie donnée, celle du Christ mort et ressuscité. Le christianisme n’est pas un ordre moral, c’est une révolution spirituelle et fraternelle. Les prostituées nous précèdent dans le Royaume de Dieu.

12. Que nous apprenions à vivre, à croire et à célébrer ensemble, entre générations, entre milieux sociaux, entre origines ethniques, entre hommes et femmes, entre garçons et filles. Il faut notamment cesser cette forme d’apartheid qui, dans certaines paroisses, notamment à Paris, consiste à laisser les filles au pied des marches du chœur pour que les garçons soient les seuls à s’approcher de l’autel. Cette ségrégation liturgique rassure certaines familles traditionnelles refusant la mixité pour leurs enfants, et certains prêtres, persuadés que la présence des filles auprès de l’autel va leur donner de « mauvaises idées » (devenir prêtres ?) et va perturber les garçons. Cette mise à l’écart me paraît contraire à l’esprit de l’Evangile et au bien de l’Eglise.

13. J’appelle enfin mon Eglise à ouvrir un nouveau concile pour prolonger Vatican II et aller encore plus loin dans les réformes. Un concile où le rôle du pape, comme serviteur de la communion, serait réaffirmé, tandis que l’institution pourrait s’engager dans un véritable processus de décentralisation. Il faut redonner de l’initiative aux Eglises locales, tant au plan national que continental. Des décisions prenant en compte les cultures et les mentalités de nos contemporains pourraient être prises en Europe sans que cela engage l’Afrique ou l’Asie, et réciproquement. Les conférences épiscopales devraient pouvoir retrouver une partie de leur autonomie. Notre Eglise doit devenir un peu plus catholique et un peu moins romaine. Ce concile serait aussi l’occasion d’ouvrir largement aux femmes l’institution et ses lieux de gouvernance. La moitié de l’humanité n’est pas représentée au Vatican.

14. Quoi qu’il arrive, aimons l’Eglise ! Aimons-là comme on aime quelqu’un à qui on ose tout dire. Aimons-là en faisant la part des choses entre ce qui relève de l’institution et ce qui relève de la vie du peuple de Dieu, de la vie de l’Esprit. Entre ce qui relève des normes édictées par des hommes et ce qui relève du Christ et de l’Evangile. Aimons-là avec notre cœur et notre intelligence, sans jamais renoncer à notre esprit critique. De manière lucide et distanciée. C’est ainsi, en tout cas, que je m’efforce de rester catholique, même si parfois la tentation est grande de claquer la porte comme tant d’autres de mes amis l’ont fait ces dernières années. Même si je le regrette, je ne peux que les comprendre… Mais oui, aimons-là.

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29 réflexions sur “Une autre Eglise est possible !

  1. Claire Destrée

    C’est bon de lire une parole de laïc libre et affirmée.
    Dans le numéro 9 : « la vocation sacerdotale ou religieuse n’est pas supérieure à la vocation baptismale » je préciserais : « il est important aujourd’hui d’accentuer le fait que la vocation sacerdotale comme la vocation religieuse sont des expressions particulières de la vocation baptismale au service de l’Eglise, qui elle-même est au service de tout homme. A la suite du témoignage de vie du Christ, elles témoignent par le célibat consenti et offert que la relation au Père, la relation fraternelle et le service des frères peuvent être les seuls essentiels qui font vivre le croyant. Exprimant aussi un service indispensable et particulier : celui de l’interêt supérieur de tout homme et de toute la communaité humaine, elle ne doivent pour autant pas être qualifiées de « supérieures » à la vocation au mariage, au célibat, ou à toute forme de contribution au service de la communauté des hommes. Aussi faut-il cesser de parler de « réduire à l’état laïc », et parler plutôt de « retirer la responsabilité du service sacerdotal pour cause de manifeste irresponsabilité » ou tout autre expression qui exprime que le sacerdoce est un service et une responsabilité exigeante et non un « état » qui serait « supérieur ».

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  2. Klinguer Jean noel

    Merci et Bravo cher Laurent

    merci d’oser la parole…une parole qui veut libérer et construire.
    Depuis de longues décennies,les non dit et les mensonges ont enfoncé notre Eglise dans une ignoble hypocrisie…Seule la Vérité lui permettra de sortir de ce chaos et la rendra libre…
    Encore mille mercis…
    nous reconnaissons bien là ta bonne plume de journaliste qui s’engage avec courage et espérance malgré tout.
    Reçois notre amitié,
    Jean Noel avec Cécile

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  3. ROUSSEL PATRICE

    Je ne suis pas loin de partager certaines de ces 15 revendications, comme par exemple celle de voir les femmes accéder au diaconat et une ouverture de la prédication aux laïcs, hommes et femmes, qui en ont la capacité.
    D’autres items me laissent beaucoup plus dubitatifs.
    Ne faisons pas du gilet jaune entre chrétiens !

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  4. JP Rosa

    Bonjour Laurent, Je signe volontiers les 15 points, je peux même en ajouter quelques autres. Reste à mon avis un gros problème : comment allons-nous poursuivre le dialogue avec les autres confessions et les autres religions. C’est aussi au regard de cela qu’il faut avancer. Et là je n’ai pas de solution !

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  5. Merci Claire pour cette magnifique réflexion. Mon texte en 15 points ne peut pas trop entrer dans les détails. Ce sont plutôt des têtes de chapitre, mais je suis entièrement d’accord avec toi. Je verrai si je peux intégrer cela dans un autre texte plus conséquent. Un grand merci ! 🙂

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  6. Merci beaucoup Cécile et Jean-Noël pour vos encouragements ! J’y suis d’autant plus sensible que je me prends un nombre de coups incroyables (de la part des cathos identitaires) que vous n’imaginez même pas. J’ai même eu quelqu’un qui m’a dit que mes propos étaient sataniques. Au-delà de votre réaction fraternelle que j’apprécie à sa juste mesure, je vous remercie aussi pour votre amitié fidèle et pour votre engagement au service de l’Homme. Je suis fier et heureux de faire partie de vos amis ! Je vous embrasse. 🙂

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  7. Merci Jean-Pierre pour ta réaction et pour ton soutien ! Concernant le dialogue avec les autres Eglises et avec les autres religions, tu sais que c’est un engagement fort chez moi et que j’y consacre mon temps et mon énergie depuis des années. J’ai même la faiblesse de penser que le dialogue interreligieux peut être un bon moyen de faire avancer l’Eglise et de résoudre un certain nombre de problème comme le cléricalisme. 🙂

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  8. Claire Poujol

    Bonjour Laurent et tlm, bravo et merci. Je suis devenue protestante å 18 ans, mais j’étais catholique avant (scoute, jėciste…) et cela reste l’Eglise de ma jeunesse. Mon oncle était prêtre. Et au ciel dans la présence de notre Père il n’y aura plus ni kto ni parpaillots, juste Ses enfants. Ne soyez pas découragė par les opposants, continuez à lutter, c’est sans doute une chance unique pour que l’Église renaisse sur de bonnes bases, sur la base de l’Évangile. Fraternellement.

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  9. Vincent Gros

    Et nous attendons aussi un premier cardinal femme comme Christine Pedotti le suggère. Ne nous arrêtons pas au chœur, tous les genres doivent pouvoir être présents à tous les niveaux. C’est la seule façon s’ouvrir l’Eglise au Monde tout en renouant avec ses origines. Votre texte est prometteur. Vous avez tous mes encouragements pour étoffer vos propositions.

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  10. Xavier

    Un grand merci pour votre article très clair qui fait beaucoup de sens à mes yeux.
    Comment contribuer à la mise en œuvre concrète et prochaine de vos propositions ?
    Avez-vous mis en ligne un manifeste ou autre pour faire nombre avec vous ?

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  11. CHEL Gabriel

    Église catholique – Abus sexuels – Obéissance – St Paul

    Il est clair que les abus sexuels envers des enfants ou des religieuses est fortement lié à la sacralisation de l’autorité (qui est souvent présenté comme venant de Dieu !) et de l’obéissance (tous les ordres religieux ou quasiment tous demandent de prononcer le vœux d’obéissance).

    Il est non moins clair que les pires régimes politiques ont sacralisé eux aussi l’obéissance et qu’au nom de l’obéissance les pires crimes ont été commis.

    Cette sacralisation de l’obéissance s’appuie beaucoup sur St Paul.

    Certes, d’une part on doit à St Paul des paroles magnifiques et qui ont très
    probablement contribué à libérer l’être humain (et notamment à faire reculer
    l’esclavage dans les premiers siècles de l’ère chrétienne) :

    – « J’aurais beau parler toutes les langues des hommes et des anges, si je n’ai pas la charité, s’il me manque l’amour, je ne suis qu’un cuivre qui résonne, une cymbale retentissante. » etc.

    – « Il n’y a ni juif ni grec, il n’y a ni esclave ni homme libre, il n’y a ni homme ni femme, car tous vous ne faites qu’un dans le Christ Jésus » (Ga 3, 28).
    « Aussi bien est-ce en un seul Esprit que tous nous avons été baptisés pour ne former qu’un seul corps. Juifs ou grecs, esclaves ou hommes libres, et tous nous avons été abreuvés d’un seul esprit » (1 Co 12, 13).
    « Là, il n’est plus question de Grec ou de Juif, de circoncision ou d’incirconcision, de Barbare, de Scythe, d’esclave, d’homme libre ; il n’y a que le Christ qui est tout en tous » (Col 3, 11).

    Mais d’autre part on doit au même St Paul de nombreux passages sacralisant
    l’obéissance :

    – Obéissance des femmes :

    « Que les femmes se taisent dans les assemblées » (1 Corinthiens 4,34-35).
    « Voilà pourquoi la femme doit avoir sur la tête un signe de soumission, à cause
    des anges » (1 Corinthiens 11,5-10).
    « Que les femmes « soient soumises à leur mari » comme au Seigneur »
    (Ephésiens 5,21-28).

    – Obéissance à l’autorité politique :

    « Que toute personne soit soumise aux autorités supérieures ; car il n’y a pas d’autorités qui ne vienne de Dieu […] C’est pourquoi celui qui résiste aux autorités résiste à l’ordre que Dieu a établi » Rom 13.
    « Rappelez-leur d’être soumis aux magistrats et aux autorités » Tite 3.

    Il est probable que ces citations furent – voire sont encore – abondamment utilisées par des autorités politiques – voire peut-être aussi par des autorités religieuses – pour justifier et conforter leur pouvoir, fût-il oppresseur.
    Et il est non moins probable qu’elles ont aussi été utilisées – voire qu’elles le sont encore – pour justifier la collaboration (lourde très souvent d’oppression pour le peuple) entre pouvoir religieux et politique.

    Certes, on ne peut pas trop en vouloir à St Paul car lorsqu’il a écrit
    cela, il était certainement très loin de se douter comment ce serait
    utilisé par la perversité de certains hommes avides de pouvoir et de
    domination (« on ne voit pas ce qui est, on voit ce qu’on est » (*),
    dit quelque part le Talmud : Paul n’étant pas pervers ni avide de
    pouvoir, mais au contraire quelqu’un de généreux, ne pouvait pas
    imaginer le mal qui en résulterait).

    (*) Transcription d’une citation plus ou moins bien mémorisée, elle veut
    dire que chacun projette sur l’autre ce qu’il est, l’homme droit n’imagine
    pas les mauvaises intentions des autres – tout est pur au pur – l’homme
    mauvais vois les mauvaises intentions partout…

    – Jésus est donné comme le modèle de l’obéissance :

    « Il s’est humilié lui-même, se rendant obéissant jusqu’à la mort, même jusqu’à la mort de la croix. » Philippiens 2.

    —————-

    Or (à ma connaissance) Jésus n’a jamais demandé l’obéissance.
    Dans ses paraboles il appelait chacun à juger en conscience par lui-même.
    Ses paroles, ses gestes sont des paroles et des gestes d’émancipation, d’appel
    à la justice et à l’amour fraternel et (donc) à la liberté.

    Et plus encore, Jésus n’a jamais sacralisé l’autorité religieuse ni politique,
    bien au contraire :

    Il n’a jamais sacralisé l’autorité religieuse, bien au contraire :

    Pour sauver la femme adultère, il contourne la Loi de Moïse.

    Sa parabole du Bon Samaritain d’une part met violemment en cause le comportement d’un Prêtre et celui d’un Lévite (un Docteur de la Loi – donc de la Thora –, un théologien en quelque sorte ) qui abandonnent un malheureux à son sort, et d’autre part donne en exemple le comportement du Samaritain (un hérétique) qui prend soin de cet homme laissé pour demi-mort sur le bord du chemin, il donne son geste en exemple de la plus haute des vertus : l’amour du prochain, donc de Dieu (le second commandement étant semblable au premier).

    « Et n’appelez personne sur la terre votre père ; car un seul est votre Père, celui qui est dans les cieux. » Matthieu 23 .

    Il n’a jamais sacralisé l’autorité politique, bien au contraire :

    « Vous savez que les chefs des nations les tyrannisent et que les Grands les
    asservissent » Matthieu 20.
    « Quiconque veut être grand parmi vous, qu’il soit le serviteur » Matthieu 20.

    « Il ne peut pas y avoir de pouvoir politique sans tyrannie, c’est aux
    yeux de Jésus une évidence et une certitude » Jacques Ellul page 93
    de « Anarchie et christianisme ».

    Le « Diable » dit à Jésus : « Je te donnerai toute cette puissance, et la gloire de
    ces royaumes, car elle m’a été donnée, et je la donne à qui je veux » Luc 4.

    « Ce que ces textes disent est proprement extraordinaire : tous les
    pouvoirs, puissances, gloire de ces royaumes, donc tout ce qui
    concerne la politique et les autorités politiques appartiennent au Diable.
    […] Ainsi ceux qui détiennent un pouvoir politique l’ont reçu du diable
    et dépendent de lui.
    [… Et ] Jésus ne récuse pas [le diable], il ne lui dit pas ‘‘ Ce n’est pas
    vrai, tu n’as pas le pouvoir sur les royaumes et les États’’ »
    Jacques Ellul page 87 et 88 de « Anarchie et christianisme »

    Autrement dit pour Paul le pouvoir politique vient de Dieu,
    tandis que pour Jésus ce pouvoir vient du diable !
    Difficile d’inverser davantage le message …

    Jésus n’a pas obéi jusqu’à la mort sur une croix, il a librement pris le risque
    de subir le pire des supplice, celui des esclaves : la mort sur la croix.

    Je crois que Jésus a «« obéi »» à l’Amour et à l’Amour seulement ( si Dieu est amour, et c’est le seul Dieu en qui nous voulons et pouvons croire) or il n’y a pas d’amour sans liberté, donc Jésus a choisi par amour et dans la liberté de risquer sa vie, ce qui l’a conduit à la croix.

    « Aime et fais ce que tu veux » a dit St Augustin.
    L’Amour doit prévaloir sur toute obéissance.
    Mais aimer vraiment (ce que je suis loin de faire) c’est aller jusqu’à risquer sa vie pour les autres (1ère lettre de St Jean) :
    « Quiconque aime est né de Dieu et connait Dieu.
    Voici à quoi nous avons reconnu l’amour : lui, Jésus, a donné sa vie pour nous.
    Nous aussi, nous devons donner notre vie pour nos frères. »

    Amitié

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  12. Delsuc Flavie

    100% d’accord en tout point ! Et qu’on arrête de me citer du St Paul pour justifier des positions misogynes. St Paul était un homme de son temps où les femmes n’avaient que trop peu de place et droit de parole. Nous sommes en 2019 ! Ras le bol de cette misogynie et bêtise crasse de certains.
    J’ai eu une conversation sur le sujet pas plus tard que ce matin avec mon prédécesseur (je suis sacristine) et il disait que j’étais progressiste. Absolument pas ! Je suis une catholique normale ! Sans les femmes l’Eglise ne serait rien ! L’église serait vide de ses fidèles lors des messes. Qui ferait le catéchisme, qui conduirait le chapelet et bien d’autres activités en paroisse ?
    Je travaille dans une paroisse où je suis sacristine. Une femme donc ! Il n’est pas permis aux femmes de donner la communion…les filles sont servantes de l’assemblée…point.
    On permet à une femme d’être sacristine (de manipuler les vases sacrés, d’accéder au tabernacle, de monter dans le chœur et bien d’autres activités liées à mon métier) mais pas de donner la communion ni de servir l’autel. Mais quelle incohérence !!
    A quoi sert de vénérer la Vierge Marie si c’est pour dénigrer et rencarder la femme dans la catégorie des potiches ?
    J’adore mon équipe pastorale et la communauté que je sers, mais quand même quelle bêtise …

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  13. RENARD Agnès

    Merci pour ces propositions qui rejoignent beaucoup de nos « rêves » pour redonner à notre chère Église une image un peu plus acceptable par nos contemporains. Je crois que nombreux sont les chrétiens qui, en cette période troublée, se mettent à penser par eux-mêmes, à relayer les analyses de François sur le cléricalisme et à faire, comme vous, des propositions. Gardons confiance et surtout n’ayons pas peur de nous expliquer avec certains clercs qui se sentent actuellement très ébranlés par les réactions des laïcs. J’ajouterai: prions aussi pour ces jeunes prêtres qui oublient la réalité du sacerdoce des laïcs.

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  14. Philippe Giron

    Bon courage Laurent, rien que du bon sens dans ces propositions. Le problème : les gens ont peur. De quoi ? On se demande. Quant aux identitaires : »Hauts les coeurs et mort aux cons ! » (Bon, même si je suis opposé à la peine de mort 😉 )

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  15. annick lanos

    merci de proposer concrètement des changements réalisables pour que notre Eglise se remette dans l’axe du Message de Jésus et de l’Amour et abandonne tous les moyens établis de pouvoir, d’infantilisation,de manipulation de ses « ouailles »…Je crois que beaucoup de chrétiens sont dans l’espérance de ces bouleversements. Pourtant, -en même temps-remercions Dieu pour tous ceux et celles qui, dans le contexte actuel, humbles ou investis d’autorité et d’honneurs témoignent de l’Esprit qui les fait vivre, inlassablement, dans le souci de leurs frères…

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  16. Christiane THOREZ

    J’adhère à vos propositions et j’espère que l’Eglise va enfin prendre les décisions qui s’imposent et diffèrent depuis tant d’années…. Que de souffrances pourtant encore !
    Je pense à cette dame qui témoigne être sacristine et ne pas pouvoir transmettre la sainte communion. Qui ose se permettre ce genre d’interdiction et prétendre avoir lu l’Evangile et s’inspirer de la vie du Christ ?
    Il faut vraiment s’accrocher pour tenir… Heureusement que la foi, quand elle est bien solide et inspirée directement de l’Evangile encourage à poursuivre… mais pas à n’importe quel prix. On ne peut pas tout accepter !
    Le Christ a renversé les vendeurs du temple. Aujourd’hui qui renverserait-il ? …. Chacun est en droit d’essayer d’y répondre..
    En union de prière avec vous tous afin que la joie de
    l’Evangile puisse triompher très vite.

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  17. Tiern Gwitreg

    Non content de faire des chansonnettes au goût douteux, Laurent Grzybowski verse maintenant dans le protestantisme ecclésial….
    Je vais être cinglant, car la stupidité d’un tel texte ne demande pas moins. Tous les points, ou presque, sont, non contents de témoigner d’une ignorance quasi-totale des dogmes catholiques et de la réflexion théologique derrière, tellement pétris de bien-pensance relativiste et protestante que c’en est à vomir. Point par point :

    1. Dès le premier point une arrogance sans mesure se dessine. Au nom de quoi l’Eglise tout entière devrait faire pénitence pour les actes d’une poignée de ses membres, alors que tous ses enseignements les condamnent sans équivoque ? Demande-t-on à toute l’éducation nationale de faire son mea culpa quand un enseignant commet un crime pédéraste ? Parlant de paille et de poutre, l’auteur ferait bien de déraciner la folie hérétique dans sa pensée et ses propos avant de se mettre à hurler avec les loups.

    2. Encore une pensée typiquement protestante. Il semble que l’auteur n’arrive pas à comprendre que le souffle de l’Évangile entraîne une moralisation de la vie familiale et sexuelle, car dès lors que celui-ci transforme la vie d’une personne, il la pousse à ordonner sa vie selon ce que Dieu désire. Cette transformation, l’Eglise cherche à la guider par cette « moralisation ». Et oui, ça passe aussi par le sexe, et Jésus en parle indirectement, en s’adressant à des épouses adultères, des prostituées, etc… Et Il ne leur dit pas « Va et fais ce que tu veux. » mais « Va et ne pèche plus. » Conseil à l’auteur : avant de prendre la Bible à témoin, assurez-vous de l’avoir bien lue.

    3. L’ordination sacerdotale d’hommes mariés, contrairement à ce que prétend l’auteur, n’était pas une tradition mais une exception tolérée à une tradition. Le célibat des prêtres est alors jugé comme un état préférable, et les évêques ont tous l’obligation du célibat dès les premiers temps. L’institutionnalisation du célibat des prêtres n’est donc pas la fin d’une tradition mais la suppression d’une exception. Et si l’auteur s’imagine que cela fera souffler un « vent de fraîcheur » sur l’Eglise, qu’il voie ce que ça a donné pour l’église anglicane qui a tenté il y a plus d’une décennie de faire de même…

    4. Excellente idée, rallongeons donc encore la durée d’une formation déjà très longue. De plus, rappelons que les séminaires forment des prêtres, pas des psychologues. Leur rôle premier est d’enseigner et de proclamer la Foi et c’est à cela qu’ils sont préparés. Idée à mettre à la poubelle avec les autres.

    5. Il y a en l’Eglise une hiérarchie stricte et l’établissement d’une oligarchie laïque irait contre cette hiérarchie. Cette hiérarchie permet d’ailleurs d’avoir une unité de dogme qui est absente chez les muzz et les protestants, conduisant à d’amusantes petites fatwas privées… Si un curé se comporte comme un roitelet, il faut en référer à l’évêque qui est son responsable direct. Contrairement à vos dires, le prêtre est bel et bien une personne sacrée quand il réalise son sacerdoce, car il EST Christ. Je trouve que vous citez beaucoup Pascal Wintzer, à croire que c’est votre seule source…

    6. Intéressant que l’auteur parle de retrouver une collégialité alors que celle-ci n’a jamais existé dans l’histoire de l’Eglise. Encore une idée typiquement protestante. Il y a une raison pour laquelle il n’y a pas de laïcs dans la hiérarchie ecclésiastique, et elle est simple : les prêtres sont formés aux affaires de la foi, pas les laïcs. Appliquer ce point équivaudrait à donner à une équipe d’ouvriers la gestion administrative d’une entreprise multinationale.

    7. Ok, ce point est intéressant pour le coup. Même si la délégation aux équipes paroissiales permet théoriquement de combler des manques.

    8. Les laïcs sont déjà supposés se former, en écoutant les sermons, en réalisant des Lectio Divina, en lisant le Catéchisme, les grands saints théologiens, etc… En rejeter indirectement la faute sur l’Eglise, c’est malhonnête et stupide.

    9. Encore une fois, les prêtres et les évêques SONT des personnes sacrées, n’en déplaise à votre égo surdimensionné. Lorsqu’ils exercent un sacrement, ils ne le font pas au nom du Christ, mais en tant que Christ. Leur état est donc bien celui d’une personne sacrée.

    10. Eeeeet… Non. Le diaconat permanent étant un service de l’autel, il est réservé aux hommes au même titre que l’ordination et pour les mêmes raisons. Et la prédication durant l’homélie est réservée aux consacrés car il s’agit de développer la Parole de Dieu qui vient d’être prononcée afin d’éclairer et enseigner les fidèles. La réserver aux consacrés permet d’assurer que c’est une personne formée (7 ans de séminaire rappelons-le) qui parle et non un laïc aux pensées et formations douteuses. Rien n’empêche d’ailleurs les laïcs de faire de l’enseignement en dehors de la Divine Liturgie.

    11. Voir ma réflexion sur le point 2 pour comprendre que ces deux points sont aussi stupides l’un que l’autre.

    12. S’approcher de l’autel s’effectue exclusivement pour son service. Voir ma réponse au point 10.

    13. Prolonger Vatican II, accentuer les réformes. Excellente idée, prenons un Concile déjà controversé dont certaines mesures sont déjà à la limite de l’hérésie et poussons encore plus loin pour continuer à déchirer l’Eglise. Il ne peut en sortir que du bien.

    14. Faites donc, devenez protestant ! Vous en avez déjà la mentalité. Mais nous sommes au moins d’accord sur le fait d’aimer et servir l’Eglise coûte que coûte.

    En conclusion, en publiant ce genre de torchon, vous étalez précisément votre manque de formation (tout en en faisant l’apologie, un comble…) et faites le jeu des francs-maçons qui tentent à toute force de libéraliser l’Eglise afin de la détruire de l’intérieur en la transformant en une simple « religion parmi d’autres » au lieu du Réceptacle du Salut qu’elle est. Toutes les réformes que vous proposez, les protestants les ont appliquées dans leur doctrine, avec le résultat qu’on connaît, la mise de l’Europe à feu et à sang pendant plus de deux siècles.

    Un conseil donc : allez vous former. Ou remettez-vous à la guitare et concentrez-vous dessus exclusivement. Mais cessez de publier ce genre de torchon immonde.

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  18. Klinguer Jean noel

    Comment peut-on manquer autant de respect envers Laurent qui depuis des années est un passionné de l’Evangile et apôtre,missionnaire dont les chants remplis d’humanisme et d’espérance sont tres repris en France et bien au delà… Ces chants m’aident et nous aident à prier, que nous soyions catho,protestant ou même de toutes religions…
    « Tout ce qui vient de Dieu met dans la paix…tout ce qui vient du mal trouble…. »
    et vos propos nous troublent…
    que ce temps de carême vous apaise!
    Par ailleurs aurez vous le courage de dévoiler votre véritable identité ? J’en doute.
    Jean Noel Klinguer

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  19. Frédéric LOPEZ

    Le Christ est venu annoncer l’Amour de Dieu à tous les hommes, et oui, à tous !
    Ses disciples se sont organisés au mieux pour transmettre son message, c’est l’Église, et cette institution n’a cessé d’évoluer au cours des siècles. (merci de rappeler Vatican II)
    Aujourd’hui, elle évolue encore, heureusement !
    Merci à toi Laurent pour proposer des pistes, avec un regard ouvert sur le monde actuel et non enfermé dans des certitudes dogmatiques.

    – pour moi, les hommes et les femmes sont égaux devant l’Amour de Dieu, à l’Église d’en témoigner !
    – je connais des laïcs très bien formés qui ont toute légitimité pour aider leurs frères dans la compréhension des évangiles, même durant des offices,
    – nos prêtres n’ont pas obligation de gérer tous les aspects de leur paroisse (délégation), ils en sont d’abord les bergers spirituels
    – annoncer, célébrer, vivre de l’évangile, voila ce que nous avons à témoigner …

    en temps que diacre permanent, je te remercie encore de cette ouverture qui peut nous aider dans notre réflexion personnelle aussi … au service du monde et non au service de l’institution.

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  20. Commentaires de l’association « Nous sommes aussi l’Église » sur les 14 points.

    1) « L’Église pourrait organiser une journée de repentance ».
    Il serait bon de préciser qui on entend par « Église » et donc qui demande pardon. La hiérarchie pouvait-elle ignorer ce que Golias dénonce depuis des années ?

    Une remarque. Tant qu’à faire de se repentir ne pourrait-on demander aussi pardon pour tous ceux qui ont été exclus (à la fois pour la souffrance infligée et pour la richesse dont on s’est privé), par exemple à Jacques Gaillot, aux divorcés-remariés, aux prêtres qui sont partis, aux prêtres ouvriers, aux théologiens de la crise moderniste…
    L’Église s‘ingénie à rejeter tout ce qui pourrait la sauver, qui était, en elle, porteur de vie.

    2) « Accepter une fois pour toutes qu’une partie du clergé soit homosexuelle »
    Oui tout à fait d’accord pour le respect des personnes.
    Mais on doit aussi s’interroger
    – sur les causes de la concentration d’homosexuels au sein de la hiérarchie
    – sur la contradiction entre les comportements et les discours

    3) Les propositions faites ici sont des modifications (extrêmement modestes) d’organisation à l’intérieur du statut du prêtre, comme ordonner des « viri probati » et ouvrir la prédication aux femmes. Peut-on vraiment penser que ces propositions soient à la hauteur des enjeux ? On pourrait imaginer de les élargir, par exemple en reconnaissant aux prêtres le droit d’avoir une vie affective, et notamment le droit de se marier, ou en réintégrant tous ceux qui ont été exclus parce qu’ils se sont mariés (ce qui a privé l’Église d’une richesse humaine). Et en élargissant à l’ordination des femmes.

    Nous pensons que même ainsi c’est insuffisant et que rien ne sera réglé sans sortir du dispositif religieux, c’est-à-dire sans mettre en cause le statut clérical lui-même qui sacralise la personne du prêtre.

    4) Oui à l’ouverture des séminaires. Pour ce qui est de les ouvrir aux sciences, le faire dans tous les domaines, et pas seulement en sciences humaines.
    Le séminaire ne peut pas être la seule voie d’accès à des responsabilités dans les communautés.
    Ouvrir aussi aux divers aspects de la vie, aux divers milieux sociaux, culturels, décentrés de l’appareil religieux. Il y a eu une expérience de prêtres au travail ; la Mission ouvrière a fait émerger des vocations de prêtres.

    5) Le terme de « contrôle » de l’action des prêtres de paroisse, nous paraît mal choisi. On pourrait penser à une équipe d’animation, dans le sens d’une coresponsabilité entre clercs et laïcs.
    La référence aux (très belles) paroles de Pascal Wintzer, nous laisse mal à l’aise. On ne peut oublier qu’il a succédé à Albert Rouet sans assurer aucunement la continuité de ce que celui-ci avait mis en place.
    Les conclusions à tirer de l’affirmation que « le prêtre n’est pas une personne sacrée » ne sont pas anodines. Outre la reconnaissance que « toute personne est sacrée » c’est la remise en cause de l’ordination sacerdotale qui fait du prêtre « un autre Christ » et transforme l’homme : il y a là une remise en cause théologique à assumer.

    6) En finir avec les « douanes pastorales ». Oui.
    Il y a un changement de paradigme à faire : ce n’est pas le sacrement (mariage, baptême) qui est le point de départ, mais la vie.

    7) Mieux gérer.
    Organiser l’Église comme une start-up est-il la solution ?

    8) Que les laïcs se prennent en mains
    D’accord. On peut ajouter de ne plus appeler les prêtres « Mon Père »

    9) Que les laïcs cessent de sacraliser ou d’idéaliser le prêtre.
    D’accord, mais voir et assumer les implications théologiques (n° 5)

    10) Que les femmes puissent accéder aux ministères ordonnés et qu’elles soient en tout point considérées comme égales aux hommes.
    D’accord avec cette remise en cause fondamentale du pouvoir et d’une théologie. En attendant (car il faudra attendre !) sera-t-il suffisant de confiner les femmes au ministère de la prédication ? Aujourd’hui, les femmes sont systématiquement exclues des postes de responsabilité dans l’Eglise, c’est cela qui est intolérable.

    11) L’Évangile en premier.
    Oui. Là est l’essentiel.

    12) Vivre ensemble, sans ségrégation
    Oui, tout à fait d’accord.
    Que veut dire « ordre moral » ?

    13) Un nouveau Concile
    C’est la proposition annoncée dans l‘introduction de l’article. Et qui doit permettre de mettre en œuvre toutes les réformes avancées. Qui peut paraître un beau rêve, bien utopique.
    Quand on voit par exemple le déroulement et le résultat du Synode des jeunes, on peut se demander comment réaliser concrètement la représentativité du « peuple de Dieu » et en particulier des femmes et l’accès de celles-ci à la gouvernance…
    Les avancées recherchées ne peuvent pas venir de l’intérieur de l’institution (du haut) mais par un travail préalable de la communauté. Comment ces organisations leurs seront-elles concédées ? Comment les organiser démocratiquement ? La communauté est bien éclatée : la majorité des croyants ne sont-ils pas hors institution ?

    14) Aimer l’Église
    Oui. Elle est la dimension collective de notre foi.
    L’aimer avec l’esprit critique qui est constitutif de la foi, en discernant ce qui vient du Christ et ce qui relève des normes édictées par les hommes.

    Conclusion
    Ce texte donne l’impression qu’en corrigeant quelques défauts de fonctionnement le problème sera résolu, alors qu’il est bien plus profond et remonte plus loin, et touche, de proche en proche, jusqu’aux formulations de la foi et à la conception d’une Eglise hiérarchique.
    Nous sommes un peu étonnés devant l’enthousiasme des réactions toutes positives.

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  21. Jean RIEDINGER

    Réaction
    1°) Il ne s ‘agit pas de demander pardon mais de reconnaitre ses erreurs et ses fautes graves.
    2°) OK
    3°) Il est URGENT de renoncer à la distinction hiérarchisée entre laïcs et clergé ce qui implique un nouveau statut des services, leur lien avec les communauté, et leur possible limitation dans le temps, ainsi bien sur que l’ÉGALITE ENTRE LES HUMAINS DE TOUS GENRES.
    4°)Ce n’est pas de prêtres qu’on a besoin. mais une bonne formation pour tous ceux qui seront désignés pour un service dans l’Église nouvelle.
    5°) Toujours la même objection. on en peut plus raisonner à partir de la notion de prêtre. Ce sont aux différents niveaux des communautés (du local au mondial) de se donner des structures de service. Un travail très lourd à réaliser c’est vrai
    6°)OK
    7°) Que voulez vous dire?
    8°) Je ris. il y a longtemps que je ne le fais plus. J’appelle mon évêque frère. Et il l’admet volontiers.
    9°)Cette instance sur le prêtre est à considérer comme un symptôme de la difficulté à changer vraiment l’Église traditionnaliste.
    10°) OK sur la notion de postes de responsabilité plutôt que de pouvoir. Et dans ce cadre il n’y a plus de prêtres.
    11°) OK
    12°) OK
    13°) Bonnes observations. Et notamment l’idée que dés à présent la majoriét des croyants est hors institution, très juste. Cela peut impliquer que l’institution est irréformable et que c’est ailleus qu’est l’avenir de l’Évangile?
    14°) Je n’aime pas l’Église telle qu’elle est. Je la sens et la vis comme ÉTRANGÈRE à la RÉALITÉ de notre humanité en 2019

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  22. Michel Gobbé

     » Au nom de quoi l’Eglise tout entière devrait faire pénitence pour les actes d’une poignée de ses membres, alors que tous ses enseignements les condamnent sans équivoque ?  »
    Totalement d’accord avec cette phrase deTiern Gwitreg, même si le commentaire sur les chansonnettes est un peu dur … Mais laurentgrzybowski n’est pas tendre non plus.
    Alors, cette guerre avec des mots qui écorchent entre catholiques ne m’intéresse pas.
    Je garde confiance : « Le ciel et la terre passeront, mes paroles ne passeront pas ! ».
    Je garde confiance dans le clergé, certains prêtres sont des saints.
    Non, je n’ai pas peur ! La barque ne coule pas encore.

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  23. Nicolas

    Merci pour cette parole courageuse que je partage.
    Il me semble que le dialogue œcuménique et judéo-chrétien est une voie salutaire car nous ramène a l’essentiel : la Parole comme vraie nourriture d’une vie spirituelle et fraternelle.

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  24. Olivier Lebel

    Merci de ces belles propositions.
    Quelques suggestions complémentaires:
    au 6, pourquoi, à côté des religieux et ministres ordonnées ne mettre que les laïcs dans des postes à responsabilité? Les religieuses devraient aussi pouvoir accéder à de grandes responsabilités.Nul n’est besoin de vanter ici les très grandes qualités de grandes femmes. Peut-être votre terme religieux était-il générique, mais la précision me semble tout à fait indispensable.
    au 7: des formations existent, et beaucoup se forment (mais bien trop peu dans les séminaires)
    au 8: pourquoi limiter l’accès au diaconat pour les femmes? La prêtrise me paraît aussi juste, voire l’épiscopat, mais je comprends que cela fasse débat. Juste un souci d’égalité totale.

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  25. Jean RIEDINGER

    Je ne suis pas l’auteur de ce texte. Vous le savez .Et je dis seulement mon accord avec l’essentiel de ce texte qui est une proposition très positive .
    Au 6-C’est bien volontiers, si je le pouvais, que j’ajouterais les religieuses aux religieux.C’est ainsi que je le comprends. Si la formule que je pense « neutre » de l’auteur peut affaiblir le texte pourquoi pas? Personnellement ma position est que les hommes et les femmes religieux et religieuses, laîcs et laïques doivent être en totale égalité dans toutes les fonctions de l’Église. Cf 8.
    Au 7-Dans beaucoup de séminaires (la majorité me semble t il, la formation reste axée sur les formes les plus traditionnelle voire réactionnaire des dogmes et traditions ecclésiale.Notamment cléricales.Et sur des formules mortesaboutissant à une « déshumanisation’ des postulants (en ce cas il n’y a pas de féminin ce qui est un scandale) au sacerdoce le plus traditionnel voire intégriste
    Au 8- Pour ma part je pense qu’il faut exiger que dans une nouvelle Eglise la plus totale égalité soit reconnue entre les femmes et les hommes.
    Ensuite que la séparation sacralisée et hiérarchisée entre clercs et laïc soit abolie.
    Ce qui supopose que des ministères (c’est à dire des service) soient installés en fonction de besoins des communautés diversifiées et que ces fonctions, rôles et services, dans tous les domaines des communautés et à tous les niveaux d’une Eglise organisée en réseaux démocratiques soit limitables dans le temps.
    Alors l’Évangile pourrait être vécu AUJOURD’HUI dans toute sa saveur et son caractère créateur de vie humaine.

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